Sexe et mensonges : Le livre poignant de Leïla Slimani

Des mots qui entrent en résonance avec des images terribles et des récits à des années lumières  de l’idéal que l’on se fait sur la condition des femmes en 2017. Leïla Slimani, lauréate du prix Goncourt 2016 pour « chanson douce » donne le ton dès le prologue  : « Ce que je voulais c’était livrer cette parole brute. Cette parole vibrante et intense, ces histoires qui m’ont bouleversée, émue, qui m’ont mise en colère et parfois révoltée ». Récit témoin d’une société où la femme est tiraillée entre sa soif de liberté et les dictas de la société.

 

« N’oublie pas de rester vierge ». Tel était le conseil de la mère de Soraya dès que celle-ci franchissait le seuil de sa maison. « Je ne demande pas la lune  : Juste vivre ce que je veux avec qui je veux » réplique Nour.  « Ma fille a divorcé, avec un bébé. Elle va se remarier aujourd’hui mais, comme le veut la loi, elle perd automatiquement la garde de son enfant » se désole Rim…
Dans ce recueil de témoignages on laisse place à l’émotion, au scandale, à l’effarement.
Les histoires des ces marocaines se succèdent et elles nous bouleversent tour à tour. Tout repose sur le déni et le mensonge.

« Je travaille dans un milieu d’hommes. Une fois j’y suis allée en jupe et j’ai eu l’impression d’être nue. C’était atroce. Je ne le referai jamais », raconte Nour. « À 21 heures, tu ne sors pas, la rue ne t’appartient pas. Tu es toujours une intruse dans l’espace public (…)Le viol est très courant. Les hommes ne comprennent pas la différence entre le fait d’avoir une sexualité et le fait de consentir à un acte sexuel. » ajoute Zhor . 

Dans ce pays où tout ce qui relève de l’intimité est régi par le Code pénal et  où les relations sexuelles sont  interdites hors mariage (article 490), un violeur qui épouse sa victime ne peut plus être poursuivi par la justice. Alors on avorte clandestinement, on ne fume pas en public pour ne pas se faire traiter de « pute » et on arrête de s’épiler les sourcils pour ne pas paraître vulgaire aux yeux de son père. Les chapitres s’enchaînent et  l’on vit avec ces femmes la violence et la brutalité de leur quotidien. Leur cri du coeur résonne jusqu’au plus profond de nous  comme un son de révolte. On referme cet ouvrage déchirant avec l’envie de défendre leurs droits. Et on se mord les lèvres… Parce qu’au fond une femme devrait être libre de mener sa vie comme elle l’entend en 2017…

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